Un Uomo di Meno de Jacques Delcuvellerie

 

Mis en scène par Jacques Delcuvellerie

 

Groupov, Théâtre National de Belgique, Théâtre de Liège

 

 

L’œuvre emprunte la forme perturbée d’une biographie, réelle et fantasmée, mettant en parallèle la fin (possible, probable) d’une espèce : l’homo sapiens, et celle d’un homme au soir de sa vie : Monsieur Jack Delui. "Sa tranche de vie, c’est la mienne, dit Jacques Delcuvellerie. C’est un « enfant de la libération » (1946) - une enfance hantée par deux guerres mondiales - et qui a l’impression qu’il va finir dans un moment où les facteurs économiques, écologiques, militaires d’une troisième guerre s’exacerbent". L’histoire commence au lendemain d’Auschwitz et d’Hiroshima, elle se suspend à la veille d’une crise où nous avons les moyens de faire bien pire… Le titre Un Uomo Di Meno est à entendre à deux niveaux : un homme, un être singulier va mourir ; une espèce d’homme, l’Homo Sapiens pourrait muter ou s’anéantir.

Comme protagonistes : deux Jack Delui (l’auteur/metteur en scène et un acteur en fauteuil roulant), le spectre angélique de Pasolini, une Nurse, à l’image des pin-up des années cinquante, des gens d’aujourd’hui, une profusion de fantômes, des anges encore, Hélène Weigel, Sade, la radio, un contre-ténor baroque, des photos de famille entre 3 guerres, des voix multiples (Bob Dylan,…), … Il ne s’agit pas ici de l’évocation nostalgique ou exaltée d’une tranche historique mais de mesurer l’écart vertigineux entre l’avenir que l’humanité aurait pu s’inventer dans ces circonstances et celui qu’elle se prépare effectivement.

Pour porter ce projet singulier, Jacques Delcuvellerie a invité l’équipe de création à vivre nuit et jour sur le plateau du Théâtre National. Sur la scène, la troupe des artistes et techniciens vit, mange, dort, rêve, répète, de façon continue. Ce lieu de leur séjour et de leur travail constitue la scénographie même du spectacle. C’est donc ici, dans tous les sens du terme, à un événement rare que le public est convié, tant par sa richesse, sa diversité, que l’engagement exceptionnel de ses comédiens et techniciens.

Cinq mouvements composent le spectacle, mais il est élaboré comme une œuvre unique, un chemin structuré.